ASSOCIATION FRANCO-ECOSSAISE
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Callanish - © Hervé Sentucq

L'Ecosse des XVIIIe et XIXe siècles : de la nostalgie à la modernité

 

Malgré tout les mentalités évoluent. Enfin, en 1707, la grande décision est prise : le Parlement d'Ecosse vote sa fusion avec celui d'Angleterre. C'est l'"Union des Parlements", autrement dit l'union des deux royaumes au sein du nouveau Royaume de Grande-Bretagne.

Cette union ne s'effectue pas sans déchirements. La nostalgie de l'indépendance provoque, en 1745, un soulèvement en faveur du descendant des rois Stuart détrônés : c'est le "gentil prince Charles" Bonnie Prince Charlie, dont les aventures romanesques alimentent encore aujourd'hui les souvenirs du dernier roi Jacques VII - en latin Jacobus). L'aventure de "Bonnie Prince Charlie" s'achève sur le champ de bataille de Culloden, près d'Inverness, le 16 avril 1746.

Cette fois, l'Ecosse est bien soumise ; les moeurs et les coutumes celtiques subsistent certes dans les Highlands et les Îles, mais le gouvernement du pays est définitivement anglicisé.

Les résultats de cette anglicisation sont, à vrai dire, contrastés.

Economiquement, l'Ecosse connaît un décollage spectaculaire. L'exploitation des mines de charbon et de fer, l'ouverture des ports au grand commerce international, la naissance de l'industie (textile, sidérurgie, construction navale, whisky...) entraînent des déplacements de population du nord vers le sud. La vallée de la Clyde, autour de Glasgow, se transforme au XIXe siècle en une des régions les plus industrialisées d'Europe ; Glasgow devient une mégalopole d'un million d'habitants.Mais dans ce monde capitaliste de l'époque victorienne la condition des ouvriers et des paysans pauvres est effroyable. Glasgow et Dundee sont célèbres dans toute l'Europe pour leurs taudis, leur mauvaise hygiène et leur mortalité élevée.

A l'opposé, pourtant, l'Ecosse devient à la fin du XVIIIe siècle un foyer brillant d'activité intellectuelle. Des philosophes, des historiens, des poètes, des artistes, des savants, font d'Edimbourg "l'Athènes du Nord". Les universités écossaises conquièrent une renommée internationale qu'elles conservent jusqu'à nos jours.

Enfin l'expansion de l'empire colonial britannique profite largement à l'Ecosse, qui fournit à l'outre-mer une abondance de cadres et de colons. C'est ce qui explique la présence de tant de Mac (Donald, Dougal, Kenzie, Kinley...et autres) aux Etats-Unis, au Canada, en Australie et dans tous les pays du Commonwealth.

L'Ecosse, par ailleurs, devient au XIXe siècle un pays à la mode, grâce aux romans de Walter Scott qui illustrent ses paysages de lacs, de montagnes et d'îles sauvages dont raffole la reine Victoria (en oubliant, il est vrai, les banlieues noires de Glasgow). C'est alors que se forge cette image de l'Ecosse romantique des châteaux, des kilts et des fantasmes si chère aux touristes d'aujourd'hui - sans oublier bien entendu le Monstre du Loch Ness, que saint Colomba avait déjà rencontré.... au VIe siècle !

 

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