ASSOCIATION FRANCO-ECOSSAISE
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La lutte pour l'indépendance et l'alliance française

 

Le "Pays des Scots" (Scots-land), au Moyen-Âge, est en effet beaucoup plus pauvre et moins peuplé que l'Angleterre, et c'est pour les rois anglais, même avant Guillaume le Conquérant, une tentation permanente de l'annexer ou, au moins, de le dominer. En 973, le roi d'Ecosse Kenneth II se reconnaît vassal du roi d'Angleterre Edgar.

Plus grave : en 1290, lorsque meurt la reine d'Ecosse Marguerite (une enfant de six ans), les nobles écossais demandent au roi anglais Edouard Ier de lui désigner un successeur ; il choisit un cousin de la défunte, John Balliol, mais il exige en contrepartie un serment de vassalité. L'Ecosse semble destinée à devenir un protectorat anglais.

C'est alors que, pour échapper à la tutelle anglaise, John Balliol se tourne vers la France. Il signe avec Philippe le Bel, en 1295 le premier traité d'alliance entre les deux pays, fondant ce qu'on appellera par la suite la Vieille Alliance (en écossaise the Auld Alliance), qui laissera tant de traces dans l'histoire et la culture écossaise.

Edouard Ier, évidemment, réagit. Il envahit l'Ecosse, détrône et emprisonne John Balliol. Mais des résistants se lèvent pour libérer le pays : William Wallace, le "Braveheart" illustré par le film de Mel Gibson, puis Robert Bruce, qui écrase les Anglais à la bataille de Bannockburn (1314, une des grandes dates de l'histoire écossaise) et devient le roi Robert Ier, fondant une nouvelle dynastie qui succède à celle de Kenneth Mac Alpine. L'alliance française est renouvelée : elle le sera sans arrêt jusqu'au XVIe siècle.

Peu après, le fils de Robert Ier étant mort sans enfant, il aura pour successeur son neveu, Robert Stuart, dont la dynastie règnera plus tard sur l'Angleterre et l'Irlande et deviendra une des plus illustres d'Europe.

La guerre de Cent Ans, au cours de laquelle les Anglais tentent de s'emparer de la France, donne aux Ecossais l'occasion de montrer leur attachement à la Vieille Alliance.

De 1419 à 1428, des Ecossais combattent en France, gagnant des batailles contre les Anglais, aidant à la libération du territoire. Beaucoup d'entre eux restent dans notre pays, y fondant des familles dont certaines existent encore aujourd'hui. La ville d'Aubigny sur Nère, dans le Cher, en perpétue le souvenir en s'intitulant "la cité des Stuarts". Et jusqu'à la Révolution française, les rois de France auront une "garde écossaise", que rappelle le roman de Walter Scott "Quentin Durward".

Mais l'Ecosse du Moyen-Âge, malgré l'alliance française, reste un pays pauvre et peu développé. A maintes reprises, les Anglais l'envahissent par le sud - il est vrai que, de leur côté, les Ecossais ne se privent pas d'effectuer à intervalles réguliers des raids de pillage en Angleterre. L'hostilité entre les deux pays devient ainsi une donnée politique et psychologique presque permanente ; il en reste plus que des traces dans l'inconscient collectif de l'un et de l'autre jusqu'à nos jours.
Les rois Stuarts, fixés à Edimbourg à partir du XVe siècle, s'efforcent de transformer leur royaume rustique en un pays civilisé à l'européenne. L'Eglise les y aide, avec ses monastères et ses écoles. De beaux monuments s'élèvent, des châteaux, des cathédrales, des universités sont créées, mais les régions montagneuses du centre et du nord (les Highlands) ainsi que les îles Hébrides restent fidèles aux coutumes et à la langue celtique, les Orcades et les Shetland conservent une influence nordique, tandis que les Lowlands du sud parlent le scots (un dialecte proche de l'anglais). Cette opposition entre les Highlands et les Lowlands, entre les régions demeurées celtes et les régions plus ouvertes sur l'Angleterre et le continent, constitue, à partir du XVe siècle, une caractéristique durable de l'histoire écossaise.

 

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