ASSOCIATION FRANCO-ECOSSAISE
ASSOCIATION FRANCO-ECOSSAISE

UNE AMITIE SEPT FOIS CENTENAIRE

Le traité de 1295

 

 

En remontant le passé...

 

La légende fait remonter les premières rencontres amicales des deux peuples à Charlemagne. Mais on sait que son petit-fils, Charles le Chauve, reçut une délégation écossaise, et que Saint Louis fit appel aux seigneurs d'Ecosse pour l'accompagner en croisade. Il est avéré qu'en dehors du traité de 1295 les alliances, royales ou princières, politiques ou militaires, ont été nombreuses.

 

Beraud Stuart

 Quelques faits d'histoire

 

C'est en 1419 que 150 hommes d'armes et 300 archers écossais débarquent à La Rochelle afin de soutenir le roi Charles VI dominé par les Anglo-Bourguignons. Ils furent suivis, entre 1421 et 1425, de renforts considérables (de 15 à 17000 hommes). Ce sont ces guerriers qui, en 1421, remportèrent sur le duc de Clarence la bataille de Baugé. Succès éphémère, puisqu'ils furent écrasés à Verneuil, puis à la bataille dite "des Harengs" au cours du siège d'Orléans. Ce sont eux aussi qui ont formé le noyau de la "Garde Ecossaise" autour du Dauphin, futur Charles VII, et l'accompagnèrent, avec Jeanne d'Arc, jusqu'à Reims, pour y être sacré en 1429.

 

Quelques années après, une princesse écossaise, Marguerite Stuart, fille aînée de Jacques Ier, arrive à La Rochelle pour épouser le Dauphin, futur Louis XI. Cent ans plus tard, une autre princesse, Marie Stuart, épouse le futur roi de France François II : elle sera reine de France et d'Ecosse. Le destin tragique des Stuarts s'accomplit, et c'est vers la France que ceux-ci se tourneront dans leurs malheurs. Louis XIV accueillit à la cour de France Jacques II Stuart, roi d'Angleterre, exilé à Saint Germain en Laye. Par la suite, la France ne pourra qu'assister, impuissante à la désastreuse épopée, en 1746, de celui qu'on appelle toujours "Bonnie Prince Charlie".

 

Les Ecossais en France

 

Nos rois récompensèrent les Ecossais venus les aider, pendant la guerre de Cent Ans et au cours des campagnes d'Italie, en leur donnant des titres, des terres et des charges : en 1421, Archibald, 4e comte de Douglas, fut nommé par Charles VII lieutenant-général des forces françaises, et reçut le titre de duc de Touraine. A Sir John Stuart de Darnley, le roi fit don des terres d'Aubigny sur Nère et de Concressault. Béraud Stuart suivit Charles VIII en Italie et fut, un temps, vice-roi de Naples. Bien d'autres nobles écossais devinrent par mariage seigneurs de terres de France et reçurent des "lettre de naturalité". Robert de Cunningham, écuyer de la garde écossaise de Louis XI devint, en épousant Anne de Latour, comte d'Auvergne, et fit construire la Sainte-Chapelle de Vic le Comte, sur le modèle de la Sainte Chapelle de Paris.

 

 

David Hume

Echanges culturels

 

Ils ont marché de pair avec les liens politiques ou militaires. On parlait français à la cour des premiers Stuarts. Les échanges intellectuels ont été illustrés par la création, dès 1323, de bourses pour quatre écoliers venus à la Sorbonne, puis en 1662, par la fondation du "Collège des Ecossais", au 65 rue du Cardinal Lemoine à Paris, et dont la chapelle abrite les restes de Jacques II. De nombreux Ecossais, étudiants et érudits, fréquentèrent les universités françaises et souvent y enseignèrent, de même que nombre d'étudiants français fréquentèrent les universités écossaises. John Major enseigna à Paris ; on trouve George Buchanan à Paris et à Bordeaux ; Adam Blackwood qui, après avoir étudié à Paris et à Toulouse, enseigna à Poitiers et à Paris ; le pasteur John Cameron qui professa la théologie à Saumur -où fut créée une université protestante- et à Montauban.

 

Sur le plan des arts plastiques, l'influence de l'Italie, au XVIIe siècle, a été prépondérante en Europe occidentale. L'Ecosse l'a ressentie plus par le canal de la France que par celui de l'Angleterre.

Quant à la musique, faute de documents permettant de déceler les courants d'influence, il est sûr que les écoles de musique, aussi nombreuses que variées, s'interpénètraient d'un pays à l'autre. Malgré le Traité d'Union de l'Angleterre en 1707, malgré la défaite écossaise à Culloden, le XVIIIe siècle , le "Siècle des Lumières" allait puiser ses richesse dans les rencontres franco-écossaises : entre Jean-Jacques Rousseau, Voltaire, Diderot et David Hume, Adam Smtih, James Boswell, Tobias Smollett....

 

Le XIXe siècle ne sera pas en reste : les exils de Charles X à Holyrood, les combats de Crimée avec les Ecossais, le grand essor du romantisme avec Walter Scott, l'attirance de l'Ecosse sur Chopin, Liszt, Berlioz, Bizet...

Octave Gréard

Le renouveau : l'Association Franço-Ecossaise

 

Ainsi, par-delà les vivissitudes passées, le terrain était-il bien préparé pour faire revivre la Vieille Alliance en ravivant les échanges intellectuels, et surtout en leur donnant forme d'institution. C'est en 1889, lors de l'Exposition Universelle  de Paris qui attira une foule de visiteurs, étudiants, professeurs, touristes de tous pays, que des rencontres entre Français et Ecossais firent apparaître l'intérêt d'institutionnaliser ce qui avait pris naissance spontanément. En décembre 1889, les professeurs Lavisse et Octave Gréard pour la France, Patrick Geddes pour l'Ecosse, créèrent un Comité de patronage pour les étudiants qu'ils placèrent sous la présidence de Louis Pasteur et l'ouvrirent aux étudiants de diverses nationalités. La participation la plus active se trouva être en la France et l'Ecosse, ce qui amena tout naturellement la création de la Franco-Scottish Society. Les relations inter-universitaires constituèrent la part la plus importante de l'activité de cette nouvelle association créée à Edimbourg en octobre 1895 et à Paris en Sorbonne en avril 1896.

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